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Created 16 July 2026

A success story produced by African Parks Benin about the economic and community benefits delivered by the NaturAfrica programme in and around Pendjari and W-Benin national parks.

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Grâce au programme NaturAfrica de l’Union Européenne, les Parcs nationaux de la Pendjari et du W-Bénin transforment le quotidien des communautés riveraines de l’Atacora et de l’Alibori.

À Kani dans la Commune de Tanguiéta, un simple geste d’une pompe à motricité suffit désormais pour que l’eau jaillisse. Il y a encore quelques mois, la pompe du village, presque tarie, imposait aux femmes des heures d’efforts pour en tirer quelques gouttes. « L’eau ne sortait presque plus. Il fallait fournir un effort énorme pour quelques gouttes », se souvient Jacqueline Nonti, mère de famille. Aujourd’hui, la corvée d’eau s’est allégée, et avec elle, le quotidien s’est apaisé.

Chaque forage réhabilité ne représente pas seulement une source d’eau, mais un symbole de dignité retrouvée et de justice sociale pour les femmes, qui portent historiquement le fardeau de la corvée d’eau.

Ce soulagement discret, des milliers de riverains des parcs nationaux de la Pendjari et du W-Bénin le vivent depuis 2024. Il est le fruit du programme NaturAfrica de l’Union européenne, qui accompagne African Parks, ONG de conservation gestionnaire des deux aires protégées en partenariat avec l’État béninois dans sa mission double : protéger la biodiversité et renforcer durablement la résilience des communautés locales.

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community members and African Parks staff stand by waterhole in Kani village, Benin

Dans ces territoires où la vie est rythmée par les saisons et la quête quotidienne de ressources essentielles, l’eau potable, les infrastructures scolaires ou les équipements communautaires ne sont pas de simples commodités : ils conditionnent le bien-être des populations et, avec lui, l’avenir des parcs.

L’eau, un soulagement retrouvé

Autour de la Pendjari, dans les communes de Matéri et de Tanguiéta, treize forages à motricité humaine ont été réhabilités entre 2024 et 2025. Porga 6, Sétchendiga, Pouri, Toumséga, Kani… autant de villages où l’accès à l’eau potable constituait un défi permanent, particulièrement aigu en saison sèche, lorsque les puits s’assèchent et que les distances à parcourir s’allongent. Pour les femmes, premières concernées par la corvée d’eau, chaque point d’eau fonctionnel devient un véritable pilier de résilience communautaire.

L’effort ne s’arrête pas aux pompes villageoises. Dans le Parc national du W-Bénin, le barrage communautaire de Batran desservant près de 1 000 habitants a été entièrement réhabilité en 2025, tandis que celui de Guéné est actuellement en pleine rénovation. Ces ouvrages structurent la vie locale : ils alimentent le maraîchage, abreuvent le bétail et soutiennent la pêche artisanale.

« Notre barrage était totalement dégradé et le Parc national W-Bénin nous a aidés à le réparer. Le barrage est la principale source de nos activités notamment le maraîchage, la pêche et l’eau pour le bétail. Quand c’était gâté, nous avons fait appel à la direction du Parc W-Bénin et maintenant c’est réhabilité. Cela nous profite pleinement. » Boukari Soumanou, Chef du Village de Batran, commune de Banikoara.

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Rehabilitated Batran barrage at Banikoara, Benin

Plus ambitieux encore, des forages modernes équipés de systèmes solaires et d’abreuvoirs pour le bétail ont été aménagés à Alfakoara (commune de Kandi) et à Boïffo (Malanville), tandis que les travaux progressent à Mamassy-peul, près de Karimama. En sécurisant l’accès à l’eau pour les hommes, les cultures et les troupeaux, ces installations réduisent aussi la pression exercée sur les ressources hydriques à l’intérieur des parcs, se transforment en instruments de cohésion sociale, de mitigation de conflits et de sécurité alimentaire, une logique gagnant-gagnant au cœur même du modèle NaturAfrica. 

Nouvel essor des activités génératrices de revenus

De l’eau à la subsistance, la transition est naturelle. Parallèlement aux infrastructures, le Programme NaturAfrica appuie les Activités Génératrices de Revenus (AGR) par lesquelles les communautés riveraines tirent un bénéfice économique tangible de leur proximité avec les parcs. Apiculture, pêche communautaire durable, transformation des produits locaux, agriculture saine : les filières se formalisent, les coopératives se structurent, et les productions se diversifient notamment miel, huiles végétales, baobab, karité. Ces activités ne sont pas de simples compléments de revenus : elles constituent une véritable stratégie de résilience face aux chocs climatiques et économiques.

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Woman standing under trees with mixing and cooking vessels for transforming soya

Les chiffres témoignent de la dynamique engagée. Autour de la Pendjari, malgré un contexte sécuritaire exigeant, la pêche communautaire a permis de prélever environ 19 tonnes de poissons entre 2024 et 2025, constituant une source essentielle de protéines pour les populations locales. La Coopérative des Apiculteurs, mise en place et accompagnée par le Parc, a produit 2 829 kg de miel sur la même période. Dans la Zone d’Occupation Contrôlée (ZOC), 176,8 tonnes de coton ont été récoltées en 2024 par les agriculteurs riverains dans le cadre d’une agriculture saine et durable. 

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Cotton producers near Pendjari NP, Benin

Au Parc national du W-Bénin, 8,5 tonnes de poissons ont été pêchées en 2024, et près de 2 650 kg de miel produits entre 2024 et 2025. La diversification des filières : miel, pêche, coton agit comme un filet de sécurité économique, permettant aux familles de ne plus dépendre d’une seule source de subsistance.

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Selection of packaged goods - oils, honey, baobab powder

Au total, 22 coopératives regroupant 567 membres actifs, dont 270 femmes, bénéficient directement de cet appui : 17 coopératives (396 membres, dont 183 femmes) à la Pendjari, et 5 coopératives (171 membres, dont 87 femmes) au W-Bénin. Avec plus de 270 femmes engagées, le programme ne se limite pas à soutenir des activités : il transforme les dynamiques sociales en faisant des femmes des actrices centrales de la gouvernance locale.

Sanni Guerayontori, représentante des femmes au comité local de suivi du projet Parc W-Bénin et présidente de l’union communale des coopératives féminines de Banikoara, mesure le chemin parcouru. Son union regroupe à ce jour plus d’une centaine de membres.

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Women wearing with protective clothing processing baobab for food products

« Chaque groupement a ses activités génératrices de revenus : le maraîchage, l’étuvage du riz, la transformation du soja, l’élevage des petits ruminants, la transformation du lait de vache en fromage, la fabrication du beurre et du savon à base de karité, et la transformation de l’arachide en huile. Je suis très contente que chaque groupement de femmes membre de notre union bénéficie de l’appui du Parc national du W-Bénin. C’est une fierté pour nous de savoir que conserver le parc peut nous apporter beaucoup de bien, et nous saluons ceux qui travaillent pour cela. » Sanni Guerayontori, lors de la première session du comité local de suivi du projet Parc W-Bénin tenu à Kandi en mars 2026.

En offrant des alternatives économiques viables, ces activités génératrices de revenus réduisent la tentation du braconnage et renforcent l’adhésion des jeunes à la protection des parcs. Ce leadership féminin illustre une mutation profonde : les coopératives deviennent des espaces où les femmes ne sont plus seulement bénéficiaires, mais leaders du développement communautaire.

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People standing beneath a tree with rice processing equipment

Un impact à grande échelle

Derrière ces réalisations, une ambition : faire de la conservation un véritable levier de transformation territoriale. Entre 2024 et 2025, plus de 2 millions d’euros ont été investis par le Programme NaturAfrica au bénéfice direct et indirect des populations des départements de l’Alibori (867 463 habitants, dont 431 357 hommes et 436 106 femmes) et de l’Atacora (772 262 habitants, dont 380 448 hommes et 391 814 femmes) soit plus de 1,6 million de personnes vivant aux abords des parcs nationaux de la Pendjari et du W-Bénin. Ces résultats locaux traduisent une vision globale : celle d’une conservation qui bâtit un contrat social durable entre les parcs et les communautés.

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3 fishermen holding a long fish